Finit le temps où le « travail » était confiné entre les quatre murs d’un siège social.

A vrai dire, comme de plus en plus de professionnels privilégient un style de vie plus flexible, nous constatons une augmentation du nombre de canadiens travaillant à peu près partout – à la maison, dans des cafés, des espaces de travail collaboratifs et même depuis des centres commerciaux.

Selon le Globe and Mail, l’espace de travail collaboratif représenterait actuellement une industrie multi millionnaire et Regus Canada prévorait entre 400 et 500 installations d’espaces de travail collaboratifs à travers tout le Canada d’ici à 2020.

Avec l’ouverture de nouveaux espaces constante, cette tendance n’est pas prête de ralentir. Par exemple, l’entreprise canadienne Breather, qui s’est depuis exportée aux Etats-Unis et en Europe, a originellement commencé à Toronto, Ottawa et Montréal.

Le géant américain de l’espace de travail commun WeWork est actuellement implanté dans six villes canadiennes et a pour projet de s’étendre encore plus. Arrivant d’Amsterdam, Spaces est récemment entré sur le marché canadien en ouvrant un bureau sur Queen Street West à Toronto et a pour projet d’ouvrir de nouveaux bureaux à Montréal et Vancouver en 2018.

Les espaces appartenant à des particuliers ont aussi remarqué une augmentation à travers le pays.

Il va sans dire que depuis ces 10 dernières années, le Canada a observé une hausse significative dans la demande d’espaces de travail grâce au rapport du Commercial Real Estate Tenant Advisory Services prédisant que les espaces partagés vont très vite représenter 20% du marché des bureaux canadiens.

Cependant, mettre à disposition cet espace n’est pas facile. Ce sont finalement les avantages du travail collaboratif qui piquent l'intérêt des entrepreneurs et des travailleurs à distance – deux des publics les plus précieux à cette industrie en pleine croissance.

Mais qu’est-ce que les bureaux actuels ne font pas et qui a permis aux espaces de travail collaboratifs de représenter une option si attrayante pour les professionnels canadiens ?

Rachel Kelly, fondatrice de l’espace de travail collaboratif Make Lemonade à Toronto, a passé beaucoup de temps a recherché les besoins des travailleurs canadiens modernes avant d’ouvrir les portes de sa nouvelle affaire en Septembre 2017.

« Quand j’ai dessiné Make Lemonade, il y avait beaucoup de discussion autour de comment l’espace fonctionnerait et ce qui serait le plus sensé, » s’exprime Kelly. Par exemple, avoir un WiFi puissant était sa principale inquiétude car la plupart des entrepreneurs et des travailleurs à distance ne peuvent pas travailler sans une connexion internet.

Tout depuis l’ameublement à l’agencement a été conçu pour le travail collaboratif. Le patio à Make Lemonade a notamment été conçu avec « une approche plus légère prenant en compte le besoin pour les entrepreneurs d’avoir une stimulation visuelle ainsi qu’un endroit pour se détendre, penser et discuter, » explique Kelly.

En plus d’offrir des salles de réunions privées et des bureaux attitrés à leurs membres, Make Lemonade a comblé un manque de la communauté à Toronto grâce à son apparence visuelle, son espace multifonction qui est maintenant devenu LE lieu pour ceux recherchant à accueillir des évènements et prendre des photos éditoriales.

Le Cafe Workwell basé à Toronto est aussi un très bon exemple d’une entreprise qui s’est engagé à répondre aux besoins des entrepreneurs. Sa mission est d’alimenter la productivité en offrant à ses clients la chance « de travailler aux côtés de freelances et d’entrepreneurs dans un espace de travail collaboratif aux allures de café. »

Même si travailler dans un café a été, et continue d’être l’endroit préféré des freelances et des entrepreneurs, les cafés plus « traditionnels » vont devoir adapter leurs besoins.

Workwell Cafe est entré dans le défi en développant un espace spécialement conçu pour le travail collaboratif – WiFi ultra rapide, prises à toutes les places assises, et l’opportunité de payer $5 de l’heure pour avoir un accès illimité à du café et du thé. Et ce ne sont que quelques-unes des commodités qui sont encore rares dans la plupart des cafés.

Nous pouvons aussi constater une autre évolution intéressante dans le domaine de la vente.

La croissante popularité du commerce en ligne a permis aux espaces libres des centres commerciaux de devenir encore plus lucratif.

Le 1er décembre, MindShare WorkSpace, le premier espace de travail collaboratif basé dans un centre commercial, a ouvert ses portes au public dans le centre-ville d’Erin Mills, à Mississauga, dans l’Ontario.

Le premier dans son genre, MindShare Workspace fournit des conseils, des sponsors, des sessions éducatives et un studio de création de podcast à la pointe de la technologie, tout cela ajouté aux bureaux et espace de travail.

De plus, Hudson’s Bay Company et WeWork ont récemment annoncé un partenariat stratégique et aux multiples facettes. Selon le communiqué de presse, WeWork va louer des espaces de vente situés dans les agences HBC en commençant par les derniers étages de l’agence Hudson’s Bay située sur Queen Street à Toronto et Granville Street à Vancouver. Ce changement va « permettre d’agrandir rapidement l’adhésion globale de WeWork à participer à des ventes HBC exclusives en ligne et en magasin ».

Suivant cette tendance, le parc immobilier de la vente n’est pas le seul secteur qui a été touché par la tendance du travail flexible. L’utilisation des espaces résidentiels évolue également comme nous constatons une augmentation du nombre d’entrepreneurs et d’employés d’entreprise qui ont le choix de travailler depuis chez eux.

Beaucoup de personnes cherchant à louer ou à acheter un bien immobilier considèrent comme une priorité majeure d’avoir une pièce spéciale dédiée à leur bureau.

Dans leur milieu de la vingtaine, Tyler McKissick and Chenda Noun sont à la recherche d’un condo une pièce dans la centre de Toronto. Une de leurs principales exigences dans leur recherche est la nécessité d’un den qui puisse être utilisé comme bureau et chambre d’ami.

« Tyler travaille régulièrement de la maison, il est donc essentiel pour lui d’avoir un espace de travail lui étant destiné, » s’exprime Noun.

En réalité, travailler à distance est une tendance que les entreprises du monde entier ont adoptée – ce qui est très apprécié par leurs employés.

Par exemple, depuis 2010, la banque TB a présenté trois programmes pilotes donnant aux employés plus de libertés concernant le lieu d’où ils travaillent ainsi que l’heure à laquelle ils travaillent.

Des tactiques comme réduire le nombre de bureaux attribués en intégrant une technologie permettant les travailleurs d’être productifs peu importe d’où ils choisissent de travailler.

Aider à réduire le temps de trajet et à donner aux travailleurs plus d’autonomie pendant leur journée de travail, a permis aux employés de TD un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle – ce qui est quelque chose que la jeune génération en particulier privilégie, bien plus que leur carrière, selon une récente étude Deloitte.

En essence, les canadiens ne sont pas seulement en train de redéfinir leur façon de travailler mais l’endroit d’où ils travaillent.

De plus, avec l’annonce récente du Gouvernement Canadien sur l’investissement de $3 million dans les espaces de travail collaboratifs à Vancouver seulement (représentant qu’une partie d’un plus large investissement pour soutenir la création d’espaces créatifs dans tout le pays), il est certain de dire que tant que les canadiens continuent de travailler pour des employeurs flexibles leur permettant de poursuivre leurs envies d’entrepreneuriat, ils auront forcément un espace à choisir pour œuvrer.

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